La SCPI, en clair
Comment ça marche, concrètement
Une société de gestion achète et exploite un parc immobilier. Vous achetez des parts de cette société. Les loyers encaissés, déduction faite des charges et de la rémunération de la société de gestion, vous sont reversés à intervalles réguliers.
Vous n'avez ni bien à choisir, ni travaux à suivre, ni locataire à trouver. Le risque est réparti sur des dizaines d'immeubles et des centaines de locataires, au lieu d'un appartement et d'un locataire unique.
Ce qu'on ne vous montre pas
Les frais de souscription. Ils sont élevés — souvent autour de 8 à 10 % du montant investi — et prélevés à l'entrée. Concrètement, il faut plusieurs années de revenus pour simplement les absorber. Cela signifie une chose : une SCPI n'a de sens que sur un horizon long, huit à dix ans au minimum. Toute présentation qui ne mentionne pas ce point est incomplète.
La fiscalité des revenus en direct. Les loyers versés sont imposés comme des revenus fonciers, c'est-à-dire à votre tranche marginale d'imposition plus les prélèvements sociaux. Pour quelqu'un dans une tranche à 30 %, cela ampute significativement le rendement affiché. Le rendement brut communiqué par les sociétés de gestion ne tient jamais compte de votre fiscalité personnelle.
La liquidité n'est pas garantie. Revendre des parts suppose de trouver un acquéreur. En période de tension sur l'immobilier d'entreprise, les délais s'allongent. Ce n'est pas un placement dont on sort en trois jours.
La valeur des parts peut baisser. Elle a baissé, sur certaines SCPI, ces dernières années. Le capital n'est pas garanti.
En direct, ou dans une assurance-vie ?
C'est la question qu'on ne pose presque jamais, et c'est souvent celle qui change le plus le résultat.
Je reçois régulièrement des gens qui viennent de vendre un bien ou d'hériter, et qui envisagent d'acheter des SCPI en direct. Dans beaucoup de cas, il est plus intéressant de détenir un support immobilier à l'intérieur d'un contrat d'assurance-vie :
- La fiscalité. Dans le contrat, les revenus ne sont pas imposés tant que vous ne retirez rien. En direct, ils s'ajoutent chaque année à vos revenus imposables.
- Les frais d'entrée. Ils sont généralement réduits, parfois nettement, sur les supports immobiliers logés dans un contrat.
- La liquidité. L'assureur assure une liquidité de la part dans des conditions définies au contrat, ce qui n'existe pas en détention directe.
- La transmission. Le contrat sort de la succession dans les limites prévues ; les parts détenues en direct, non.
Ce n'est pas systématique. La détention en direct garde des atouts, notamment lorsqu'on souhaite acheter des parts à crédit ou viser des SCPI qui ne sont pas référencées dans les contrats. Mais la question mérite d'être posée avant de signer, pas après.
Pour qui c'est pertinent, et pour qui ça ne l'est pas
C'est pertinent si : vous voulez de l'immobilier sans gestion ; votre horizon dépasse huit à dix ans ; vous cherchez à équilibrer un patrimoine très exposé aux marchés financiers ; ou vous voulez préparer un complément de revenus à la retraite.
Ce n'est pas pour vous si : vous pourriez avoir besoin de la somme dans les cinq ans ; vous êtes déjà lourdement investi en immobilier ; ou vous êtes dans une tranche d'imposition élevée et envisagez une détention en direct sans avoir fait le calcul après impôt.