Le PER, en clair
Comment ça marche, concrètement
Vous versez, et vous déduisez. Les sommes versées sur un PER sont déductibles de vos revenus imposables, dans certaines limites. Si vous êtes imposé dans la tranche à 30 %, verser 5 000 € réduit votre impôt d'environ 1 500 € l'année suivante. C'est immédiat et mécanique.
L'argent travaille comme dans une assurance-vie. À l'intérieur du plan, on retrouve les mêmes types de supports : fonds en euros, indices boursiers, supports immobiliers. La logique d'investissement est la même — c'est le traitement fiscal qui diffère.
L'argent est bloqué jusqu'à la retraite. C'est la contrepartie, et elle est réelle. Il existe des cas de déblocage anticipé — dont l'achat de la résidence principale, ainsi que plusieurs accidents de la vie — mais en dehors de ces situations, la somme est immobilisée.
À la sortie, vous êtes imposé. C'est le point le plus mal compris. L'avantage fiscal du PER n'est pas une exonération, c'est un report. Vous ne payez pas d'impôt à l'entrée, vous en payez à la sortie. L'opération est gagnante si votre tranche d'imposition à la retraite est plus basse qu'aujourd'hui — ce qui est fréquent, mais pas automatique.
Ce qu'on ne vous montre pas
Si vous êtes peu imposé, le PER est un mauvais échange. Dans une tranche à 11 %, l'économie d'impôt à l'entrée est faible et vous bloquez votre argent pendant vingt ans pour cela. Une assurance-vie, disponible et souple, sera presque toujours préférable. Personne ne vous le dira si votre interlocuteur est payé au produit.
L'avantage à l'entrée n'est pas un gain net. Il faut comparer votre tranche d'aujourd'hui à celle que vous aurez à la retraite. Le calcul se fait avant de verser, pas après.
Les frais existent aussi ici. Mêmes niveaux superposés que sur un contrat d'assurance-vie : frais du plan, frais des supports, parfois frais sur versement. Un PER chargé annule une bonne part de l'avantage fiscal.
Sortie en capital ou en rente ? Les deux sont possibles, avec des règles d'imposition différentes. Ce choix se prépare des années à l'avance, pas le mois du départ.
Pour qui c'est pertinent, et pour qui ça ne l'est pas
C'est pertinent si : vous êtes imposé dans une tranche à 30 % ou davantage ; votre retraite est à plus de dix ans ; vous avez déjà une épargne disponible ailleurs ; ou vous êtes en profession libérale, avec une retraite obligatoire que vous savez insuffisante.
Ce n'est pas pour vous si : vous êtes peu ou pas imposé ; vous n'avez pas d'épargne disponible à côté ; ou vous pourriez avoir besoin de cette somme avant la retraite. Dans ces trois cas, l'assurance-vie est le bon outil.