La stratégie ETF, en clair
Une action, c'est une part d'entreprise. Pas un jeton de casino : une part d'une société qui produit, qui vend, qui emploie des gens. Sur le très long terme, les actions ont été la classe d'actifs la plus performante — devant l'immobilier, loin devant les fonds en euros et les livrets.
Un indice boursier rassemble les plus grandes entreprises d'un marché. Un ETF, aussi appelé tracker, est un support qui reproduit cet indice : en l'achetant, vous détenez un morceau de toutes ces entreprises à la fois.
La stratégie consiste à détenir cet indice à l'intérieur d'un contrat d'assurance-vie, à laisser les intérêts se réinvestir année après année, et à ne pas y toucher — sauf dans deux cas précis, décrits plus bas.
Comment ça marche, concrètement
On ne choisit pas d'entreprise. C'est le point qui rassure le plus les gens que je reçois. Vous ne pariez pas sur telle ou telle société : vous détenez l'ensemble.
Un indice ne peut pas faire faillite. Une entreprise, oui. Mais quand une société décroche, elle sort de l'indice et une autre, en meilleure santé, prend sa place. L'indice se renouvelle en permanence. C'est la différence structurelle avec le fait d'acheter des actions en direct — et c'est ce qui devrait désamorcer la peur de « tout perdre ».
On surveille une fois par mois, pas tous les jours. La performance quotidienne n'a aucun intérêt. Un point mensuel suffit, et onze mois sur douze il n'y a rien à faire. C'est une stratégie qui se pilote depuis son canapé.
On change de position rarement, et pour de bonnes raisons. Deux cas seulement : quand un autre marché prend durablement le dessus, ou quand une crise majeure impose de se replier vers des supports qui protègent le capital — un fonds en euros, de l'obligataire, de l'immobilier. C'est cette dernière réaction qui fait la différence, parce que c'est exactement ce que la plupart des contrats bancaires ne font pas, ou trop tard.
On reste concentré. Une erreur classique de l'épargnant qui se lance seul : acheter le meilleur support, puis en ajouter cinq autres « pour diversifier ». Résultat, les moins bons tirent l'ensemble vers le bas. La diversification a du sens entre grandes familles de placements ; elle en a beaucoup moins entre supports qui font la même chose moins bien.
Ce qu'on ne vous montre pas : les mauvaises années
C'est ici que je vais être moins agréable à lire que la concurrence.
Cette stratégie baisse. Certaines années, fortement. Ce n'est pas un accident de parcours : c'est le prix d'entrée. Un placement qui ne baisse jamais est un placement qui ne rapporte rien — ou une escroquerie.
Ce qui compte, c'est ce que vous supportez. Beaucoup de stratégies présentées comme sérieuses ont connu, lors des grandes crises, des baisses annuelles de l'ordre de 40 à 50 %. Ma conviction est que la plupart des gens ne tiennent pas psychologiquement à ce niveau-là. Ils vendent au pire moment, et détruisent dix ans de patience en une semaine de panique. La question qu'on se pose ensemble n'est donc pas « combien ça rapporte », mais « quelle baisse êtes-vous capable de traverser sans vendre ».
Le plus grand risque n'est pas le marché, c'est vous. Et moi, en partie, mon travail est de vous empêcher de faire la bêtise le jour où elle vous démangera.
Pour qui c'est pertinent, et pour qui ça ne l'est pas
C'est pertinent si : votre horizon est d'au moins huit à dix ans ; vous acceptez de voir la valeur de votre contrat baisser certaines années sans y toucher ; vous voulez une stratégie que vous n'avez pas à surveiller quotidiennement.
Ce n'est pas pour vous si : vous aurez besoin de cet argent dans deux ou trois ans ; ou si vous savez, en vous connaissant, que vous ne dormirez plus le jour où votre contrat affichera une baisse à deux chiffres. Dans ce cas, on construit autre chose — c'est un choix légitime, et il vaut mieux le faire à froid.