L'assurance-vie, en clair
Malgré son nom, l'assurance-vie n'est pas une assurance décès. C'est une poche d'épargne dans laquelle vous versez de l'argent, à l'intérieur de laquelle vous choisissez ce que cet argent va financer, et qui bénéficie d'un traitement fiscal particulier.
L'image la plus juste est celle d'un couteau suisse. Ce n'est pas un placement, c'est un contenant. Ce qui compte, c'est ce que vous mettez dedans et ce que le contenant vous coûte.
Comment ça marche, concrètement
Vous versez. Un versement de départ, puis des versements réguliers si vous le souhaitez — modifiables à la hausse, à la baisse, ou interrompus quand vous voulez. Aucun plafond de versement, contrairement aux livrets.
Vous choisissez ce qu'il y a dedans. Le fonds en euros, dont le capital est garanti par l'assureur. Des indices boursiers via des ETF. Des fonds d'actions. Des supports immobiliers. Des obligations. Des produits structurés. Plusieurs de ces éléments à la fois, dans les proportions que vous décidez.
Votre argent reste disponible. À tout moment, partiellement ou en totalité. Les fonds arrivent généralement en quelques jours ouvrés. Si l'on vous a dit le contraire, on a cherché à vous garder.
Vous n'êtes pas imposé tant que vous ne retirez rien. Tant que l'argent reste dans le contrat, il capitalise sans imposition annuelle et sans rien à déclarer. Vous n'êtes imposé qu'au moment d'un retrait, et uniquement sur les gains — jamais sur le capital que vous avez versé.
Après huit ans, la fiscalité s'allège. Le taux d'imposition baisse, et surtout vous bénéficiez d'un abattement annuel sur les gains retirés : 4 600 € si vous êtes seul, 9 200 € pour un couple marié ou pacsé. Chaque année, pas une fois.
Au décès, le contrat sort de la succession. Les capitaux transmis aux bénéficiaires que vous avez désignés échappent aux droits de succession classiques, dans la limite de 152 500 € par bénéficiaire pour les versements effectués avant vos 70 ans. C'est un des rares outils de transmission encore aussi efficaces.
Ce qu'on ne vous montre pas : les trois niveaux de frais
C'est ici que se joue l'essentiel, et c'est ici qu'on regarde le moins.
Niveau 1 — les frais d'entrée. Prélevés sur chaque versement. Sur certains contrats bancaires, ils peuvent atteindre plusieurs pourcents : sur 100 000 € versés, cela signifie que seule une partie de la somme commence réellement à travailler. Sur les contrats à frais réduits, ils sont nuls.
Niveau 2 — les frais de gestion du contrat. Prélevés chaque année sur l'encours. C'est la rémunération de l'assureur. Ils diffèrent généralement entre la partie fonds en euros et le reste.
Niveau 3 — les frais du support choisi. C'est le niveau invisible, celui que presque personne ne trouve. Le support que vous détenez à l'intérieur du contrat a ses propres frais de gestion, qui s'ajoutent à ceux du contrat. Sur certains supports thématiques ou de private equity, ils peuvent représenter un ou deux points supplémentaires par an.
Additionnez. Sur un contrat mal construit, le total peut approcher, voire dépasser, 2,5 à 3 % par an — un niveau qui doit être franchi avant que vous ne gagniez le premier euro. Sur dix, quinze ou vingt ans, l'écart avec un contrat à frais réduits ne se compte plus en points : il se compte en années de travail.
Il existe un quatrième niveau, les frais d'arbitrage, prélevés quand on change de support. Ils sont généralement négligeables et souvent négociés à zéro sur quelques opérations par an.
C'est exactement ce calcul que je fais gratuitement sur votre contrat.
Pour qui c'est pertinent, et pour qui ça ne l'est pas
C'est pertinent si : vous avez un capital à placer sur au moins huit ans ; vous voulez garder l'accès à votre argent ; vous avez un projet daté (retraite, études des enfants, achat immobilier) ; vous voulez organiser la transmission à vos enfants ou à votre conjoint.
Ce n'est pas l'outil si : vous aurez besoin de cet argent dans les mois qui viennent — gardez votre épargne de précaution sur un livret, c'est fait pour ça ; ou si le montant est faible et que votre priorité est de constituer d'abord ce matelas de sécurité.